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samedi 9 avril 2011

"Le trottoir au soleil", merci Monsieur Delerm !

Oui, c’est bien cela : succomber à nouveau au charme de Delerm, comme l’écrit justement Lauren Malka sur evene. Je ne saurais manquer la sortie d’un de ses ouvrages, celui-ci laissera une empreinte particulière. Delerm, à soixante ans, sait qu’il a « franchi depuis longtemps le solstice d’été » mais "qu’il y aura encore de jolis soirs, des amis, des enfances, des choses à espérer ». Et il veut en garder le meilleur : « une goutte de nostalgie […] au cœur de chaque sensation pour la rendre plus durable et menacée ». Alors Delerm signe ici un ouvrage très personnel où il dévoile un peu de son relations avec les siens, de ses lieux de vie et de villégiature, de souvenirs personnels et de sensations intimes. On est sensible au très beau travail d’écriture. Chacun de ses ouvrages reste unique, à l’opposé de ces romanciers tombés dans la facilité d’une publication devenue industrielle. Normal, me direz-vous, Philippe Delerm est un épicurien, il a le sens du moment, du petit détail, des bonheurs simples et vrais. Merci Monsieur Delerm pour ce nouveau petit joyau unanimement salué par la critique.


Si vous n’avez jamais lu Delerm, je vous propose de commencer par La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. Si comme moi vous ressentez en lisant Delerm une jolie petite musique intérieure et une grand plénitude…Vous savez, c’est comme si, tout à coup, vous preniez le temps de vivre…vous pouvez poursuivre avec La sieste assassinée, Ma grand-mère avait les mêmes, A Garonne, Un été pour mémoire, la cinquième saison.

« Delerm est passé maître dans l'art de croquer des instants d'existence, et de nous les rendre avec ce sourire bienveillant et gentiment moqueur. Ce n'est pas sans raison qu'on a appelé Delerm le «Sempé des mots» » souligne Mohammed Assaoui dans Le Figaro.


Philippe Delerm présente Le trottoir au soleil par FranceInfo

mercredi 11 mars 2009

Delerm et les dessous affriolants des petites phrases


Saviez-vous que POINTS publie une collection consacrée au Goût des mots ? Paru en septembre 2008, le dernier recueil de nouvelles de Philippe Delerm, dans la lignée de la "Dernière gorgée de bière et plaisirs minuscules" sous le titre accrocheur de "ma grand-mère avait les mêmes - Les dessous affriolants des petites phrases" (avouez que c'est irrésistible ?!) porte un regard sucré salé sur toutes ces petites phrases aux allures innocentes mais lourdes de sens. Regard critique, caustique, ironique, peut-être un peu méchant parfois, mais assez tendrement. Toujours jubilatoire pour le lecteur.
Je ne ferais qu’un reproche à l’ouvrage : il se lit trop vite ! Des mois d’écriture pour un plaisir si vite englouti, quel dommage.
Quelques titres pour vous mettent le goût à la bouche :
« Ma grand-mère avait les mêmes, Il a refait sa vie, C’est le soir que c’est difficile, D’abord, Merci de prendre ma question, J’ai moins huit su’l’plateau, On ne vous fait pas fuir au moins ? Voilà, tu la connais l’histoire, Faut arrêter ! Du côté de mon mari… »
Un extrait :
« La munificence s’est exprimée sans contradiction possible. Une avancée impérieuse du bras droit, la franche résolution du regard : non, laissez, c’est pour moi. Parfois, une petite phrase justificative, du genre je suis sur mes terres, la prochaine fois je vous laisserai faire. Les autres ont protesté juste ce qu’il faut avant de concéder leur assentiment avec une once affichée de regret . Tout en poursuivant la discussion, il a sorti son carnet de chèques. Et c’est alors que la formule est tombée, légère en apparence, discrète, si naturelle dans le feu de l’action mais si lourde de sens : « par contre, je veux bien un stylo ».
Ah ! ce par contre, comme il est beau ! Oui, je dirige la manœuvre. Mine de rien, j’ai pris le dessus. Vous êtes désormais mes obligés. Allez, je ne vous demande pas grand-chose, ce sera votre modeste façon de mériter ma générosité ».


mercredi 3 décembre 2008

Aller chez Philippe Delerm...


L'odeur des pommes, le bruit de la dynamo, on pourrait presque manger dehors, aller aux mûres, l'autoroute la nuit, le dimanche soir, la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules... quand je choisis d’aller chez Philippe Delerm (je dis bien d’aller car il s’agit bien par la lecture de pénétrer dans son univers accueillant), c'est que prendre du recul par rapport à la frénésie de la vie devient pour moi un besoin réel, éminent, urgent, presque vital. Ouvrir un livre de Philippe Delerm, c’est comme se lover dans un cocon, de replonger dans le monde insouciant et sécurisant de l’enfance, c’est goûter au plaisir des joies simples et authentiques, celles qui font du bien, accessibles à tous, c’est saisir la richesse que l’on ne voit pas, qu’on ne voit plus, et qui est pourtant à portée de main. C’est presque une thérapie. Ajouter à cela le décor adéquate : un bon bain chaud moussant, au lit avec sa liseuse et une tisane fumante, ou affalé dans un canapé, le dimanche quand il pleut dehors et que l’on entend les gouttes battre les carreaux. On est bien au chaud.